Mactavish et PwC UK publient un rapport prônant une réforme des méthodes de placement des grands risques.
Un rapport de Mactavish/PwC UK révèle de graves déficiences de gouvernance dans les entreprises britanniques et met en garde contre des problèmes importants liés à leurs assurances.
- Les assurances d’entreprise ne sont pas appropriées à l’environnement actuel d’après-crise, et les contestations d’indemnisation de sinistres devraient augmenter
- De sérieuses failles dans la manière dont les polices d’assurances sont mises en place rendent les entreprises vulnérables
- Les besoins en assurances doivent devenir un élément plus important des processus de gestion des risques et du capital des entreprises
Les entreprises britanniques s’exposent à des pertes importantes et évitables en raison de graves failles dans la façon dont sont gérées leurs polices d’assurance. Une nouvelle étude sur les grands risques d’entreprise, menée par le cabinet de recherche Mactavish en association avec PwC UK, met en lumière des carences graves dans la manière dont sont gérées les assurances et dans le rôle qu’ont les Comités de direction dans la gouvernance de ces arrangements. Les sociétés sont ainsi vulnérables en cas de sinistre important non indemnisé par leurs assureurs.
Le rapport, basé sur des consultations avec plus de 600 entreprises britanniques, plus de 100 assureurs et courtiers et des analyses de cas détaillées, dresse un tableau alarmant de communication inadéquate des activités et des risques, d’ignorance généralisée du droit des assurances, d’incapacité des équipes de direction à recueillir les informations pertinentes pour la souscription, de polices d’assurance peu fiables, et d’une méconnaissance des processus de gestion des sinistres majeurs.
Bruce Hepburn, Président Directeur Général de Mactavish déclare :
« Les problématiques d’assurance révélées par ce rapport sont inquiétantes. Ce que nous observons aujourd’hui est un système qui a privilégié de faibles coûts de transactions aux dépens de la fiabilité des couvertures. Cette approche n’est pas adéquate pour le contexte économique dans lequel nous entrons. Les entreprises britanniques, en particulier les PME et ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire), se mettent inutilement en danger et, dans l’environnement actuel, sont ainsi beaucoup plus exposées en cas de contentieux de sinistre. Les clients, courtiers et assureurs doivent tous commencer à investir suffisamment de temps afin d’assurer la fiabilité des couvertures d’assurance. »
Les résultats de Mactavish viennent à un moment où le rôle de l’assurance en tant que filet de sécurité financier est particulièrement crucial. La récession a obligé de nombreuses sociétés à prendre plus de risques afin de protéger leur profitabilité et les Comités de direction subissent une pression croissante pour démontrer l’efficacité de leur gouvernance. Les catastrophes majeures, telles que les perturbations causées par le nuage de cendres du volcan islandais Eyjafjallajökull, peuvent arriver à tout moment, mais les difficultés financières récentes, le resserrement des conditions de crédit et la transformation des risques encourus, causée par la mondialisation et la récession, représentent des menaces nouvelles et peu comprises.
En parallèle, le rapport démontre que les assureurs sont beaucoup plus stricts sur l’indemnisation des sinistres. Il suggère que les réformes ne sont pas seulement urgentes mais tout à fait réalisables si les acheteurs, les courtiers et les assureurs travaillent ensemble pour améliorer la manière dont les risques sont analysés, communiqués et souscrits, et optimiser la fiabilité des polices d’assurance.
PwC UK, partenaire de Mactavish dans la publication de cette recherche, considère ce rapport comme faisant partie intégrante du débat plus large sur la gouvernance d’entreprise et la « compliance » - où l’assurance est trop souvent ignorée.
Le rapport préconise sept recommandations (voir annexe I) visant à améliorer les pratiques existantes. Ces réformes ont d’ores et déjà été formellement approuvées par un grand nombre d’acteurs-clé du secteur (voir annexe 2).
Les faits marquants de la recherche démontrent que :
- 87% des acheteurs d’assurance ne comprennent ni le fait que le devoir de communication des risques à l’assureur (« Duty of Disclosure ») repose sur leurs épaules, dans le contexte juridique britannique, ni les conséquences de ne pas remplir cette obligation.
- Les deux tiers des acheteurs (65%) de grandes entreprises ne revoient pas les documents utilisés pour présenter leurs risques aux assureurs et presque tous n’ont pas de discussion adéquate avec leurs assureurs et leurs courtiers sur la validité de leurs couvertures d’assurance.
- Les professionnels de la gestion de sinistre commencent à témoigner d’une augmentation du nombre de sinistres causés par les changements opérationnels liés à la récession, venant s’ajouter à un accroissement des réclamations disputées par les assureurs, quelle que soit la branche d’assurance. Le nombre de contentieux commerciaux rapportés par la Haute Cour de Justice britannique - The Royal Courts of Justice - (excluant les cas de faillites), a augmenté de 45% entre 2008 et 2009 et certaines catégories telles que les contentieux liés à des négligences professionnelles ont accru de plus de 100%.
- Les standards d’analyse et de communication des risques sont le plus souvent considérés comme insuffisants, si ce n’est consternant (cf. études de cas p.25-26 du rapport). Presque tous les documents utilisés pour expliquer les risques des entreprises aux assureurs, parmi les centaines revus dans le cadre de cette recherche, contenaient des erreurs ou des omissions pouvant conduire à un refus d’indemnisation d’un sinistre majeur. Ainsi, un industriel avait omis de transmettre à son assureur des informations liées à l’utilisation finale de produits à risque, à des tests produits délicats effectués pour le compte d’un tiers et à l’emploi de techniques de fabrication très sensibles.
- Le rapport met en lumière de multiples exemples de communication défectueuse entre la fonction assurance et les directions opérationnelles, de situations où les souscripteurs ont recours à des informations non documentées pour l’analyse du risque ainsi qu’une insuffisance de contacts entre les acheteurs et les assureurs.
FIN
Notes pour l’éditeur :
- Cette étude se base sur plus de 600 consultations détaillées conduites en 2009-2010-2011 avec des directeurs financiers, juridiques et opérationnels et des responsables de la gestion des assurances. Plus de 100 consultations ont été menées avec les équipes de direction des principaux assureurs et courtiers établis au Royaume-Uni. Pour obtenir une copie du rapport, merci de contacter Antoine Guérin aux coordonnées ci-dessous.
- Mactavish est un cabinet de recherche et de conseil spécialisé dans l’analyse des risques et les assurances commerciales. Merci de visiter www.mactavishgroup.com pour plus d’informations.
Contact Presse
Antoine Guerin au +44 (0)207 793 4039 (portable : +44 (0)7879 827 434) ou par email : antoineguerin@mactavishgroup.com
ANNEXE I
Les sept recommandations de Mactavish préconisent les réformes suivantes:
- Rendre les acheteurs d’assurance conscients de leurs obligations juridiques et des principales différences entre le droit des assurances et le droit contractuel
- Une remise en question des méthodes d’évaluation des risques et une amélioration marquée de la manière dont l’information est recueillie, validée et communiquée
- Un processus d’appel d’offres en deux temps afin d’accentuer le dialogue entre acheteurs et assureurs tout en maintenant l’efficacité des transactions
- Une opportunité pour l’assureur de présenter directement à l’acheteur sa compréhension des risques de l’entreprise et les détails des couvertures proposées
- Une analyse par les clients de la matérialité financière du capital d’assurance dans la structure financière de l’entreprise
- Une discussion entre l’assureur et le client, avant l’entrée en vigueur de la garantie, de certains scénarios de sinistre majeur, afin que l’acheteur comprenne comment les polices d’assurance s’appliquent concrètement à l’activité de l’entreprise
- L’explication détaillée par l’assureur, et préalable au renouvellement, des procédures de gestion de sinistres afin d’éviter toute incertitude quant à la marche à suivre en cas de sinistre majeur.
ANNEXE II
De nombreux acteurs-clé du secteur soutiennent déjà les recommandations et les conclusions de Mactavish.
Emmanuel Nivet, PDG, Axa Corporate Solutions UK, déclare :
« Par son impartialité et sa vision internationale, le “Placing Reform Report” de Mactavish est un document pragmatique et précurseur pour notre industrie.
AXA Corporate Solutions soutient les résultats de ce rapport à l’image de sa propre démarche de long terme : clients, courtiers et assureurs se doivent de collaborer de façon encore plus transparente.
Nous sommes persuadés de la pertinence de ce rapport comme en témoignent nos propres Engagements Clients et Courtiers basés sur les résultats de Mactavish, tels que la relecture partagée du wording d’un contrat. »
John Hurrell, Président de l’AIRMIC (Association des Risk Managers du Royaume-Uni - équivalent britannique de l’AMRAE), déclare :
“Mactavish’s research is thorough and convincing, and it lifts the lid on a potential crisis looming in the UK commercial insurance market. Airmic has long argued that the current legal framework for commercial insurance contracts is unsustainable. This research illustrates just how dangerous the situation can be.”
L’ensemble des témoignages d’assureurs, courtiers, cabinets d’avocat et de conseil, sont disponibles sur notre site internet : http://mactavishgroup.com/united-kingdom/insurance-broking-industry-responses-to-the-mactavish-protocols/







